Il était une fois, il y avait un domaine à Niagara, appelé Le Clos Jordanne. Il a été nommé ainsi car les vignobles étaient entourés de murs – la définition en français d’un clos – et était situé près de la ville de Niagara de Jordan(ne). Destiné à de grandes choses, il était la création d’Inniskillin (réputé pour son vin de glace et une filiale de Vincor, une entreprise canadienne de vin) et Boisset France (un grand producteur de vin, surtout en Bourgogne) afin de rendre le Pinot Noir et Chardonnay de calibre international en Ontario. Avec les premiers vignobles plantés en 2000, la cave gagnait déjà des prix décernés par 2005 – le Jugement de Montréal vachement célèbre (peut-être reconnu seulement par quelques Canadiens…) décerné le premier prix pour les vins blancs à Le Clos Jordanne , parmi un groupe de prédominance des vins français et californiens. (Pas de soucie, mes amis Bordelais et les amateurs de chêne, le 2004 Mouton Rothschild a gagné pour les rouges…)

Ce qui aurait pu être: une maquette du design de Gehry pour la cave, qui s’est jamais concrétisé. Une construction magnifique, même si mes nièces préfèrent le style classique (“C’est un château de princesse!”) des châteaux de Bordeaux (ici Château Pichon Baron). Nous pouvons négocier lorsqu'on commence la conception du Château Cat.

Mais les loups rôdent dans la nuit: en 2006 Vincor a été acquise par Constellation Brands, le plus grand conglomérat de vin dans le monde. Le projet a avancé, mais en 2014 il était déménagé à Niagara Falls Cellars – l'établissement vinicole le plus importante du Canada; essentiellement une usine de vin. Début 2016, Constellation Brands a annoncé que la marque était morte, apparemment en raison de deux années consécutives de mauvaises récoltes.

Peut-être, peut-être pas. Quand même, je me retrouve traquant les vestiges de la grande cave qui auraient pu être: un aide vigneron et l’installation originale sur la route Service ont fait leur chemin à Tawse, là où je travaille. Le vigneron original, Thomas Bachelder de Québec, et une assistante, Kelly Mason, ont fait leur chemin au Domaine Queylus, ainsi que plusieurs vignes de Pinot Noir (informations essentielles!).

On est où? Oui… du côté opposé du lac de Toronto (Salut Skydome et Tour CN!). J’habite à St Catharines et passe mes heures de travail dans les appellations de Twenty Mile Bench, Beamsville Bench, et Lincoln Lakeshore.

Les vignes Pinot Noir originales du Clos Jordanne sont dans l’appellation Twenty Mile Bench, et produisent les vins élégants, fruités et féminines, rappelant le style bourguignon. En revanche, l’argileux rouge de Lincoln Lakeshore (aussi où se trouve notre Domaine Redstone ) donne un qualité puissant, terreux, est de quasi syrah au Pinot. Cela le rend méconnaissable pour les puristes de la bourguignonne, mais fascinant pour les curieux de voir ce qui se passe lorsque les raisins français se heurter les sols de l’Ontario. Le mélange de Tradition tend à rendre hommage à cet style élégant, et féminin, alors que les mélanges de Réserve et Grand Réserve intègrent de plus en plus de ce contenu puissant de Lincoln. Ils sont tout aussi intéressants, dégustation de ces deux styles directement des barriques – ce que j’aime le plus, c’est que l’impact du terroir est tellement différent entre les deux.

J’aime le côté Bench de Niagara – les caves sont un peu plus discrets, avec beaucoup d’espaces verts (Salle de dégustation Domaine Queylus sur la photo). Nous avons un dégustation des barriques au Domaine Queylus – Heureusement la moitié des barriques ont déjà été sortie de la cave pour d’autres raisons, mais il rend notre échantillonnage beaucoup plus facile!

Une seule visite faite, on reviens à notre conte sur l’héritage laissé par Le Clos.

Peu après que Vincor a annoncé le projet du Clos Jordanne, un promoteur immobilier de Toronto nommé Mel Pearl a acheté 50 acres (20 ha) à quelques pas des vignes Le Clos. Il avait de la terre, tout ce qu’il avait besoin était un vigneron, surtout après la vente de Vincor. Entrant côté cour, vigneron québecois François Morissette, qui travaillait en Bourgogne et découvrait les vins de faible-intervention. Et donc Pearl Morissette est née en 2007, avec une philosophie très proche de ce que j’ai vécu en Alsace l’année dernière. Ils ne sont pas certifiés; ni biologique ni biodynamique, mais ils pratiquent la biodynamie autant qu’ils le peuvent, et basculent en conventionnel (contrecœur) seulement quand Dame Nature s’avère avoir le dessus.

Cette visite, bien que chronologiquement le deuxième dans le récit grâce à thème Le Clos, est en réalité le premier sur ma liste des vignobles qu'il me faut goûter dans la région. Ils sont un peu plus discrets que la plupart des autres: Il n’y a aucun magasin ou salle de dégustation publique sur place, ce qui signifie une visite doit être demandée à l’avance, mais c’est bien la peine. On est bien accueilli par Svetlana Atcheva, ambassadeur de la marque et sommelier. François Morissette s'attarde après le boulot, curieux de voir si je suis francophone ou francophile, comme la description de mes études de Bordeaux piquer son intérêt. Brent Rowland, le vigneron, est aussi là, donc les trois prochaines heures sont incroyablement attachante et même éducatives. (Si seulement toutes les classes de vin pouvaient être comme ça!)

Désolée pour les images floues – je me suis trop enthousiasmé pour prendre des photos correctement! Un oeuf de ciment prend la scène dans la salle de la cave/dégustation – et un échantillonneur petit de notre 3 heures de dégustation. Cette foudre alsacien est la découverte des plus cool – ils ajoutent de Chardonnay de (presque) chaque année dans ce foudre pour leur mélange privé 'Solera' , juste pour voir ce qu’il fait.

Nous commençons avec les Rieslings, et immédiatement je sais que je serai choyée. Ces sont des Rieslings vraiment sècs – la première fois que j’ai rencontré cela en Ontario cet été – et me rappellent les Rieslings j’ai apprécié, en Alsace, l’été dernier. On parle de l’effet de millésime, mais ce qui est beaucoup plus important est la vivacité de ces vins . Ils sont encore tout à fait dans leur jeunesse, et continuent d’évoluer, mais on peux voir la grande capacité de vieillissement – un autre aspect, que je n’ai pas encore trouvé beaucoup dans des vins ontariens. Nous dégustons des vignes jeunes et vieux, qui sont encore en train de veillir en cuve ciment/bois/acier, ainsi que quelques vieux millésimes pour avoir une idée de potentiel de ces vins.

Après les Rieslings, on déguste les Chardonnays, puis les Pinots Noirs, les Gamays et les Cabernet Francs. Assez régulièrement, je suis intrigué par l’évolution des vins en vieillissant: devenant plus vif et plus complexe. La seule exception est que je suis complètement époustouflé par les jeunes vignes de 2016 Gamay encore dans le cuve – ils goûtent étonnamment bons maintenant donc ils devraient être extraordinaire avec plus d’âge. La dégustation finale est du foudre Solera – un mélange de Chardonnay de (presque) chaque année que la cave a été en existence. La règle principale ici est que vin n’obtient jamais gaspillé, alors plus de Chardonnay est ajouté chaque récolte et est utilisé comme une expérience scientifique en cours pour découvrir comment autres variables influencent le goût du vin à l’intérieur. Il se sent et goûte un peu comme un vin jaune de Jura (aussi âgé en chêne pour une longue période de temps avec beaucoup de contact de l’oxygène), mais l’impact de l’oxydation est que considérablement inférieur à un pouvait s’y attendre avec seulement vaguement des notes de noisette et de sherry…. qui semble absurde!

Tout cela pour dire que dès que la dégustation est terminée, je m’ai dépêché chez moi et immédiatement ai commencé à compter mes sous – la grande chose au sujet de se joindre à l’industrie du vin, c’est que j’ai la chance de découvrir où et comment déguster des vins vraiment super. La mauvaise chose au sujet de (juste) se joindre à l’industrie du vin, en particulier au Canada, est que je ne peux plus me permettre mon propre goût… Hélas!

J’ai été négligent en prenant des photos cette fois-ci, donc voici quelques vues de l’été pour vous dépanner. Floraison, ou l'arrivée des fleurs, se déroule très rapidement, autour de fin juin à Niagara. Une petite grêle a chuté immédiatement après, jamais bon pour les délicates fleurs – C’est peut-être pas un grand millésime pour les caves avec grands volumes. On prend la pause – jusqu'à la région des chalets pour le long weekend de Canada Day!

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